Soeurette ayant voulu suivre la successfull way of life de sa grande soeur (je rappelle que je suis écrivaineuse de modes d'emploi...) a décidé de faire une prépa cette année.
Forte de mon expérience et l'oeil humide d'émotion à la seule évocation de cette glorieuse période de ma vie, je prends les choses en main et la coache:
"Bon tu verras, les colles, ce n'est pas si terrible que ça. C'est juste un moyen de vérifier que tu assimiles bien ton cours, et en plus ça t'apprend à t'exprimer en public, à dérouler une démonstration oralement, etc... Quoi? Tu ne sais pas faire ça ? Mais regarde, c'est simple, tu trouves la solution générale, puis avec les conditions initiales, tu détermines une solution particulière, etc...".
Je me la pète un peu - faut croire - feuillette avec amour ses classeurs, reconnaissant ci et là de vieilles connaissances: Snell-Descartes, Planck, Dirichlet et Cauchy-Lipschitz. Je pousse même le vice à lui faire réciter des définitions, comme si j'étais une vieille-fille-colleuse-sadique de chimie à croire que ces qualités soient toutes liées.
Et là, c'est le drame.
J'essaie sur un brouillon de refaire un petit calcul pour l'épater. J'ai eu beau retourner le cahier dans tous les sens, le compte n'était pas bon du tout. Punaise, la honte. Au placard, les bons discours.
Je me demande si c'est le passage par les sciences humaines qui m'a ramolli le cerveau (ou alors le journalisme, c'est tout comme :) mmmh, je sens que je vais me faire incendier par les non-adeptes de sciences dures ;)
O rage, ô désespoir, ô vieillesse ennemie
N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?