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Moi, moi et remoi

Je me pose la question de fermer cet espace de manière assez récurrente.
Mais j'ai une addiction délicieuse (et chronophage diraient mes employeurs): l'écriture.
Rien à dire de plus, sinon que les archives sont plus sympas à lire que les billets actuels...

Pour anticiper vos questions, je suis une fille. J'écrivais des modes d'emploi. Maintenant, ce sont des articles.
Pour les fleurs et autres commentaires constructifs, préférez mon mail .

 

Malaga

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Maîtresse Capello | 19 février 2007

J'ai une sainte horreur des fautes d'orthographe. Elles m'exaspèrent, m'insupportent, m'ennuient gravement et parfois même, me mettent en colère. Plus rare, certaines me font rire. Le cas de cette jeune fille, la semaine dernière. Je tombe sur sa lettre de motivation pour bosser dans notre boîte. Bien écrite, aucune faute apparente et là, c'est le drame.
Dans ses expériences professionnelles, elle écrit "jeune fille au père". Je n'ai pas spécialement l'esprit mal tourné, mais j'avoue que je suis resté interloquée. Voulait-elle inconsciemment dire "Jeune fille au pépére ?", "jeune fille au grand-père ?". (suggestion de collègues encore plus mufles que moi).
Bref, c'est mal parti. (mais bon, le reste ne dépend pas de moi donc...)

Ce côté monomaniaque doit venir de la nostalgie des dictées. Je ne sais pas comment les personnes qui font des fautes à l'écrit arrivent à parler une langue à l'oral. Lorsque j'ai une conversation avec quelqu'un, je vois les phrases qu'il prononce s'écrire au-dessus de sa tête.
Exemple, si on me dit: Bonjour Malaga, comment ça va ?
Mentalement, s'inscrivent les lettres B-O-N-J-O-U-R espace M-A-L-A-G-A virgule C-O-M-M-E-N-T Ccédille(hyper important)A ESPACE V-A espace point d'interrogation retour chariot

Ca fait très vieille école, mais si je n'arrive pas à identifier chaque mot ainsi, j'ai du mal à comprendre mon interlocuteur. J'ai eu le problème tout à l'heure.

Mon chef me dit: j'ai déposé un plateau-repas dans ton bureau. On en avait pris un de CQ.
Je le regarde d'un air bizarre, je savais qu'on avait bossé avec une boîte qui s'appelle TQ quelquechose, mais bon, depuis le temps, il doit savoir qu'on dit Tikiou something ;). Bref, je le regarde avec mes yeux de merlans frits: il n'y a aucun abonné au numéro que vous demandez (c'est très mauvais d'être dans une telle posture devant son patron, je vous le déconseille).
Il voit que je ne percute pas. Il répète:
on en avait pris un de C-Q. (il appuie sur les syllabes cé-qu)
Là je me dis, que c'est comme chez le Japonais, il y a des menus A, B, C, D, M, AA, TH, et pourquoi pas CQ, c'est vrai ?
Ca sonne très bizarre quand même. Je recherche dans mon dico personnel (le francais est ma langue maternelle, je le rappelle). Et je me dis,que non, ce n'est pas possible. S'il y a une personne correcte dans le monde et qui ne dira jamais de mots grossiers, c'est bien mon chef. Il ne peut pas décemment dire, on en avait pris un de ces culs. Je le regarde l'air encore plus perdu, mais en plus vraiment déçu de son langage. Je n'avais jamais imaginé qu'il puisse me dire un truc pareil un jour.

A mon air hagard, il répète lentement...
On en avait pris un de sécu-, de sécurité. Au cas où.

Je crois qu'il me faut VRAIMENT des vacances. Ou un QI positif, au choix. En fait, les deux, ça serait pas mal non plus. Ca pourrait servir.

Publié par Malaga à 14:29:55 dans Ah, si j'avais un avion | Commentaires (9) |

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